Pourquoi chaque Khmer porte son krama, de Siem Reap à Bordeaux
Coton trempé 2 à 3 jours dans le riz, tissé main près de Siem Reap : l'histoire du krama du Cambodge, foulard à tout faire, et les collections Krama Krama.
Points à retenir
- La phrase qui ouvre le mieux le sujet vient de Guillaume, de l'équipe Krama Krama : « Le foulard cambodgien est un symbole du pays.
- À l'origine, les Khmers tissaient eux-mêmes leur krama.
- Traditionnellement, le krama porte de petits carreaux, blancs et rouges ou blancs et bleus.
- La liste des usages sur la page de la marque se lit comme un inventaire de la vie quotidienne cambodgienne.
Au Cambodge, le krama se voit partout : sur la tête pour se protéger du soleil, autour de la taille en guise de ceinture, noué aux deux poignées d’un guidon pour asseoir un bébé. Hommes, femmes et enfants le portent, dans tous les milieux. Depuis mars 2012, la marque française Krama Krama fait tisser ce foulard de coton à la main par un atelier partenaire près de Siem Reap, et elle raconte sur son site toute l’histoire du krama, du coton filé aux couleurs d’aujourd’hui. Je vous la résume ici, parce qu’elle explique pourquoi ce carré à carreaux se transmet de génération en génération et pourquoi il vous plaira aussi sur la route.
Le krama du Cambodge, un foulard que chaque Khmer porte
La phrase qui ouvre le mieux le sujet vient de Guillaume, de l’équipe Krama Krama : « Le foulard cambodgien est un symbole du pays. Chaque habitant du Royaume du Cambodge porte son krama. » Elle n’a rien d’une formule publicitaire. Sur place, le visiteur le remarque très vite, autant que les sourires des Khmers : le foulard fait partie du décor.
La raison de cette présence m’intéresse davantage. Rien à voir avec un accessoire de mode qu’on sort le dimanche. On s’en sert tous les jours, et c’est justement cette utilité qui lui donne sa valeur de symbole. Les Khmers y voient d’abord une façon de transmettre un héritage et d’affirmer leur appartenance à leur pays. Un objet qu’on utilise, qu’on use, puis qu’on donne à ses enfants.
C’est de cette idée qu’est née Krama Krama. La marque existe depuis mars 2012, et sa boutique en ligne a ouvert le 12 décembre 2012, une date choisie pour sa symétrie : 12/12/12.
Du coton trempé dans le riz au métier à tisser en bois
À l’origine, les Khmers tissaient eux-mêmes leur krama. Ils ramassaient le coton, le samley, puis le filaient. Ensuite venait l’étape qui me plaît le plus dans ce récit : les fils trempaient deux ou trois jours dans du riz. Une partie était ensuite teinte en rouge, et seulement là commençait le tissage.
Le tissage à la main, lui, n’a pas disparu. Chez Krama Krama, chaque foulard est tissé à la main sur un métier à tisser en bois traditionnel, dans un atelier situé à côté de Siem Reap, dans le nord du Cambodge. Les tisserandes travaillent dans un atelier géré par une ONG partenaire. Rien d’industriel, donc, et la conséquence est logique : chaque modèle sort en petite quantité.

Un modèle vous plaît et il affiche rupture ? Le bon réflexe : laisser votre email sur la fiche produit, la marque vous prévient au réassort. C’est le rythme normal d’un foulard tissé main, et franchement, je trouve ça plutôt rassurant. Un stock infini, sur un objet artisanal, aurait quelque chose de louche.
D’un champ de coton à un krama : les étapes traditionnelles
Source : Krama Krama, pages « Histoire du krama » et accueil, lues le 22/10/2026.
Ce que les carreaux rouges ou bleus disaient de leur propriétaire
Traditionnellement, le krama porte de petits carreaux, blancs et rouges ou blancs et bleus. Un motif simple, que l’on reconnaît au premier regard dans tout le Cambodge.
Les familles riches, elles, préféraient la soie. Deux raisons à cela : le tissu restait frais l’été, et il marquait la différence avec les paysans. Le coton désignait celui qui travaillait la terre, la soie celui qui n’en avait pas besoin. Au premier coup d’œil, le krama disait donc le statut de son propriétaire.
C’est l’histoire de ce coton paysan que Krama Krama a choisi de raconter. Sa collection de kramas traditionnels reprend les carreaux rouges et bleus, et ajoute deux teintes plus urbaines, le gris ardoise et le bleu roi. À mon sens, c’est le bon point de départ si vous découvrez le krama : le motif d’origine, celui qu’on reconnaît au Cambodge.
Un foulard à tout faire, du couvre-chef au siège de vélo
La liste des usages sur la page de la marque se lit comme un inventaire de la vie quotidienne cambodgienne. Couvre-chef contre le soleil. Tenue de bain. Ceinture. Et mon préféré : noué aux deux poignées d’un guidon, le krama devient un siège supplémentaire de bicyclette pour un bébé. Il faut un tissu robuste pour ça.
Le saviez-vous ?
Les enfants cambodgiens jouent au « Cha-ol Chong » avec un krama roulé en boule. La marque le décrit comme une sorte d’équivalent cambodgien de notre ballon prisonnier. Le foulard sert jusque dans la cour de récréation.
Source : Krama Krama, page « Histoire du krama », lue le 22/10/2026.
Aucun de ces usages n’est décoratif, et c’est ce qui me frappe le plus. On porte le krama parce qu’il rend service. Ramené en France, il garde cette logique : un carré de coton qu’on noue autour du cou le matin, qu’on remonte sur la tête quand le soleil tape, qu’on étend sur l’herbe à l’heure du pique-nique.
Des Temples d’Angkor aux True Colors, le motif traditionnel décliné
Aujourd’hui, le krama à petits carreaux se décline dans une multitude de coloris, et Krama Krama en a fait plusieurs collections. La plus évocatrice s’appelle Temples d’Angkor. Ses modèles portent des noms de divinités et de rois : Rudra, Surya, Indra, Jaya. Un clin d’œil au site le plus célèbre du pays, à quelques kilomètres de l’atelier.
La collection True Colors joue la carte des couleurs franches. Les kramas généreux, eux, portent bien leur nom. Et la marque travaille aussi des foulards en lin et coton, avec des modèles comme le lin Jean, le bordeaux City ou le bleu Outre-Mer.
Deux détails pratiques comptent pour vous. Les commandes passées sur le site français partent de France, d’un stock situé à Bordeaux et à Paris : pas d’attente d’un colis venu d’Asie. Et 10 % du montant de chaque foulard acheté sont reversés à Sala Baï, une école de Siem Reap. : à mon avis, c’est une jolie boucle.
Un foulard qui accompagne aussi une balade en ancienne
Revenons à nos routes. Une sortie en cabriolet ou en roadster, capote baissée, c’est trois heures de soleil sur la nuque et de vent dans les cheveux. Le premier usage cambodgien, le couvre-chef contre le soleil, prend ici tout son sens. Je conseille de nouer un krama en coton sur la tête, de le glisser autour du cou quand la fraîcheur tombe au col, puis de le plier dans la boîte à gants.

Il y a aussi une affaire de goût. Dans un rassemblement, on regarde une voiture pour son histoire : qui l’a construite, combien de mains l’ont entretenue. Un krama se regarde de la même façon. Un objet tissé à la main sur un métier en bois, selon un savoir-faire transmis, s’accorde bien avec une carrosserie restaurée pièce par pièce.
Mon conseil, si vous hésitez sur la couleur : prenez les carreaux rouges d’origine pour une voiture claire, le bleu roi ou le gris ardoise pour une teinte plus sombre. Et choisissez sur la collection Temples d’Angkor si vous voulez un foulard qui raconte quelque chose quand on vous demande d’où il vient.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un krama ?
C’est le foulard traditionnel du Cambodge, un tissu de coton à l’origine tissé par les Khmers eux-mêmes, souvent à petits carreaux blancs et rouges ou blancs et bleus. Il sert de couvre-chef, de ceinture, de tenue de bain et bien plus.
Les kramas de Krama Krama sont-ils tissés à la main ?
Oui. Chaque krama est fabriqué à la main sur un métier à tisser en bois traditionnel, dans un atelier situé près de Siem Reap, dans le nord du Cambodge.
D’où partent les commandes passées en France ?
Les commandes du site français sont envoyées depuis la France, le stock de foulards étant situé à Bordeaux et à Paris.
Que faire si un modèle est en rupture ?
Les modèles sont produits en petite quantité. Laissez votre email sur la fiche produit : vous êtes prévenu dès le réassort.
Sources
Krama Krama, page « Histoire du krama » : fabrication traditionnelle, usages, motif, citation de Guillaume (lue le 22/10/2026).
Krama Krama, page d’accueil et FAQ : atelier de Siem Reap, tissage main, collections, stock à Bordeaux et Paris, 10 % reversés à Sala Baï, dates de création (lues le 22/10/2026).